Réactualisation de l’Union européenne

Les réponses que nous cherchons dans l’UE d’aujourd’hui aux problèmes posés par l’environnement social et les pouvoirs politiques, doivent, par priorité nous protéger du danger le plus présent, celui de la dissociation croissante entre l’instrumentalité du marché et du monde technique d’un côté et l’univers des identités culturelles de l’autre. Comment combiner l’unité du premier et la fragmentation du second, les flux et le sens, l’objectivité et le subjectif ? Comment réactualisé l’UE afin d’assumer la contradiction et d’assurer la médiation entre logique sociale et logique économique ?

Nous pensons d’abord que c’est au niveau du citoyen, acteur social concret, individu ou groupe, que la réactualisation de l’UE doit avoir lieu afin que doivent être compatible la raison instrumentale, indispensable dans un monde technique et d’échanges, avec la mémoire et l’imagination créatrice, sans lesquelles il n’existe pas de citoyens acteurs faisant l’histoire, mais seulement des agents reproduisant un ordre fermé sur lui-même, comme l’écrivait NIETZSCHE «  Nous n’avons pas besoin de philistins, mais de personnes qui feront l’histoire. »

En fait définir l’acteur citoyen comme sujet d’intégration de ces deux faces de l’action sociale :

–                  construction de la personne ou du groupe dans l’UE comme acteur affirmant sa liberté et son vécu assumé et réinterprété ;

–                  effort de transformation d’une situation vécue en acte libre, introduisant de la liberté dans ce qui apparaît comme des déterminants sociaux et un héritage culturel.

Mais l’affirmation du sujet comme acteur citoyen dans l’UE ne s’opère pas dans un vide. Elle repose sur la résistance à la logique des appareils, des procédures, et à l’emprise du pouvoir social sur la personnalité ; elle requiert des conditions institutionnelles qui sont la caution même de la démocratie, et elle conduit à la combinaison de la diversité culturelle avec la référence de toutes les personnes à l’unité représentée par les statuts de l’UE et aux projets des nations adhérentes à l’UE.

Il s’agit d’apprendre à mieux vivre ensemble avec nos différences, à construire une UE de plus en plus ouverte sur les citoyens ayant la plus grande diversité reconnue. Ni l’unité, sans laquelle la communication devient impossible, ni la diversité, sans laquelle la mort l’emporte sur la vie, ne doivent être sacrifiées l’une à l’autre. Définissons l’UE comme un ensemble de garanties institutionnelles de méditation sociale et politique permettant de combiner l’unité de la raison instrumentale avec la diversité des mémoires ; l’échange avec la liberté. Comme l’écrit Charles Taylor de la démocratie nous pourrions dire de l’UE « qu’elle est une politique de la reconnaissance de l’AUTRE » en tant que citoyen européen comme sujet acteur de son destin et de la destinée de la Communauté Européenne.

Christian VIDAL

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