Édito du Président (juillet et août 2017)

Alors que l’Estonie prend la barre….

.l’UE commence à envisager son avenir !

La présidence tournante de l’Union européenne, chaque semestre fournit l’occasion de faire le point. Le passage de témoin entre Malte et l’Estonie le 1er Juillet dernier, en cette année du 60ème anniversaire du Traité de Rome, marque un moment où l’on peut tourner une page de l’un des chapitres les plus sombres de l’UE.

L’UE souffre depuis de nombreuses années. Avec le référendum sur le Brexit l’an dernier, l’Union a atteint son point bas. Crise migratoire de 2015, presque sortie de la Grèce de la zone euro, flambée politique anti-UE et ralentissement économique persistent. Enclenchés il y a près de 10 ans, ils ont grandement pesé sur la construction européenne. Début 2017, une crainte se faisait jour que le populisme puisse balayer certaines échéances électorales nationales et que d’autres pays cherchent à suivre la voix choisie par nos amis britanniques.

Il semble bien que maintenant le pire soit passé. Les politiciens anti-UE néerlandais et français ont échoué. Notre nouveau président incontestablement pro-européen cherche à relancer le moteur franco-allemand.

Le nouvel exécutif américain, pour sa part, a fait beaucoup pour inciter les Européens à réfléchir sur la façon de prendre en mains leur propre destin. C’est ce qu’a dit la chancelière allemande, Angela Merkel.

Malgré le retrait américain de l’Accord de Paris sur le changement climatique, le sommet du G20 à Hambourg vient de réaffirmer la poursuite de ces objectifs. C’est un test pour le leadership européen et le Sommet du Climat à Paris mi-décembre permettra d’envisager les moyens de réduction des émissions sans le soutien de Washington. L’engagement persistant d’États américains clés, de villes et d’entreprises, laisse à penser que ce sera possible.

Tout cela encourage l’UE dans sa nouvelle approche de choix de ses futures priorités : soit nous nous laissons emporter par les tendances actuelles, soit nous nous en saisissons et profitons des nouvelles perspectives dont elles sont porteuses. La Commission Juncker a mis les éléments de ce choix clairement sur la table des négociations au cours des derniers mois suivant la publication du «Livre Blanc sur l’avenir de l’UE» et de ses cinq documents de réflexion – Social, Mondialisation, Euro, Défense et Budget – (https://ec.europa.eu/commission/white-paper-future-europe-reflections-and-scenarios-eu27_fr).

La présidence estonienne sera en ce sens probablement historique. Tallinn, capitale d’un petit pays de 1,3 millions d’habitants portera les questions numériques au cœur de sa présidence. Ils sont bien placés pour le faire, l’Estonie est certainement la société numérique la plus avancée au monde.

LEstonie, membre de l’UE depuis les élargissements de 2004, est bien le «Tigre de la Baltique» tant sur le plan politique qu’économique. Elle a adopté l’euro en 2011 et sa prospérité lui permet d’obtenir le ratio le plus bas entre dette publique et PIB dans lUE.

Depuis les sévères cyberattaques en 2007, l’Estonie est à l’avant-garde des initiatives de cybersécurité; elle accueille désormais le Centre d’excellence de la cyberdéfense de l’OTAN.

Aucun pays de l’UE n’est plus à l’aise avec le monde moderne et la mondialisation. Alors que l’UE se relève définitivement de querelles intestines, l’Estonie peut aider à faire un chemin vers une Europe plus ouverte, plus entreprenante et plus éclairée.

Jacques Vontrhon

Président de la Maison de l’Europe – CIED

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